dimanche 15 janvier 2012

Lola

Elle est sous son réverbère.
Elle frissonne dans ses cuissardes et sa mini-jupe, c’est la fin de l'été, le temps encore agréable. Bientôt l’hiver arrivera. La nuit se meurt. Alors que la ville s’éveille elle termine son job. Elle se voit déjà rentrer chez elle où l’attend son petit bout de vie encore endormi. Elle rentrera dans sa chambre s’assurant du sommeil du petit enfant, retournera dans la cuisine préparer le bol, les céréales et le sucre puis ira s’asseoir sur le lit de sa fille afin de la regarder avant que le réveil efface l’innocence des rêves. Le soleil glissera un de ses rayons sur le visage de poupée, éclairant d’ombre et de lumière ce portrait d’enfant qui doucement s’étirera. Lola aurait aimé avoir un compagnon, lui préparer aussi son repas matinal afin qu’il parte rassasié à son travail. Elle lui donnerait son corps cet oasis fait de monts et vallées rutilantes ou il viendrait se repaître, oublier les tracas de la vie quotidienne. Au lieu de cela Lola est un désastre écologique à elle seule, ce corps, cette nature elle l’a transformée en usine, fabrique à plaisir où viennent se jeter des corps gras et puants. Elle recycle, purge et nettoie les cerveaux des types lubriques. Elle assume, Lola, elle fait travailler son seul capital, enfin ce qu’elle pense être son seul atout. A sa fille qui lui demande : « c’est quoi ton métier maman? » elle répond : « c’est donner du plaisir ». Le bonheur elle le réserve pour son enfant. « Bon pas rêver ! Il est l’heure d’emmener la puce à l’école» se dit-elle.
- Pourquoi je dois aller à l’école ? Maman. Je voudrais rester avec toi.
- Pour comprendre le monde mon cœur et avoir les armes pour te défendre.